FRANCE par ERIC JL BRETON - hopitaux
+ accueil

+ Derniers messages

+ Faites connaître ce blogue

+ archives



+ Un blogue de :
ericjeanloicbreton
ericjeanloicbreton


+ lectures

Sommaire



+ catégories

AGRICULTURE
CE QUE J\'ATTENDS DE LA FRANCE...
CORSE
CULTURE
DROIT
FAMILLE
FECONDITE
GASTRONOMIE
hopitaux
ILE DE FRANCE
JEUNES
JEUNES
JEUNES ENFANTS
LE CONTRAT D\'INTEGRATION
LE DRAPEAU(la suite)
LES CIMETIERES
LES DECALAGES
LES SANCTIONS CONTRE LES PARENTS
L\'EAU DU ROBINET
L\'INSULTE AU DRAPEAU
RACISME




Un blogue Divers par Mon Blogue.com


Samedi 8 février 2003

LES HOPITAUX
SANTÉ Manque de moyens, mauvaise organisation, crise des vocations, 35 heures...: l'hôpital est aujourd'hui malade alors qu'il doit prendre en charge la misère sociale du pays

Le plan «hôpital 2007», en préparation au ministère de la Santé, sera-t-il suffisant pour réanimer un système vacillant ?
(Photo AFP.)
 
La grande détresse des hôpitaux français


P. L.
[08 février 2003]

Le plan «hôpital 2007», en préparation au ministère de la Santé, sera-t-il suffisant pour réanimer un système vacillant ?
Sur 480 millions de consultations de médecine en France, 150 millions se déroulent chaque année à l'hôpital. Mais dans quelles conditions! Attentes de plusieurs mois dans certaines spécialités, heures de délai aux urgences, bâtiments hors normes, médecins sous-payés accumulant les gardes jusqu'à l'épuisement, erreurs de diagnostic alarmantes, infirmières courant de chambre en chambre, malades hébergés dans les couloirs, sempiternels transferts de service en service, par manque de lits, blocs de chirurgie et services fermés pour les vacances... Les symptômes sont clairs: l'hôpital français est victime d'embolie. Une longue enquête et l'immersion dans la réalité d'un hôpital type, le CHU d'Avicenne, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), ont permis de vérifier ce diagnostic.

Le manque de moyens et les défauts d'organisation? Ils sont flagrants. Face à une inflation effrayante de la demande sociale et sanitaire, les médecins des hôpitaux publics sont si mal rémunérés qu'un poste sur quatre est aujourd'hui vacant! Et une part accrue de leur temps est désormais consacrée à des tâches administratives! On va enfin informatiser un service de chirurgie d'un hôpital parisien... Et encore, c'est un logiciel vieux de six ans qui va lui être installé! «Nos outils les plus récents, achetés sur notre cagnotte, ne fonctionneront pas avec ce système...», se fâche le chef de service.

L'embouteillage est aggravé par un double phénomène: une réduction de l'offre du secteur privé, les petites cliniques disparaissant par dizaines et, simultanément, la fermeture de lits de soins dans les hôpitaux publics, sans compensation suffisante par des lits de longs séjours. Où se réfugient les personnes âgées sans famille, les «sans-domicile», les longs séjours? Dans les services, où ils occupent des lits précieux et paralysent le système.

Il manque des milliers d'infirmières (plus de 40 000, par le simple effet des 35 heures) et autant de médecins. A l'université, le «numerus clausus» est reparti à la hausse, mais en attendant que la formation de ces jeunes médecins soit achevée, on fait venir de jeunes professionnels de l'étranger. Il faut, en urgence, former des bataillons de soignants qu'on attire en rémunérant leurs études. Mais la motivation, la qualité des soins, seront-ils maintenus?
A ces erreurs de planification, se superpose une débandade des vocations. Touchées de plein fouet: l'obstétrique, la chirurgie, la réanimation, les urgences. Dans certains hôpitaux, c'est la panique, le système D.

La liste des causes est longue: des salaires trop bas, de nouvelles contraintes administratives, la judiciarisation de la médecine, les 35 heures non compensées par des recrutement, un régime de gardes inadapté, les guerres intestines entre hôpitaux et tutelles, etc.
Durement frappés, les hôpitaux généraux des villes moyennes réagissent en offrant des ponts d'or aux soignants. Mais les grands CHU peinent désormais tout autant à recruter. Les tours de garde sont comblés en procédant à des roulements entre établissements. Dans les services où l'ambiance est bonne, on se serre les coudes. Ailleurs, pas de chance, on rejette la demande de scanner tombée dix minutes avant le changement de garde des radiologues, les échantillons de sang coagulent étrangement, empêchant toute analyse au labo le vendredi soir, les bouteilles d'eau pour les alcoolo dépendants en sevrage qui n'arrivent jamais...
Le recours à des stagiaires étrangers, les listes d'attente en ORL ou en chirurgie, les opérations reportées in extremis sont des compromis qui permettent de faire grossièrement tourner la machine. Pour combien de temps? De l'aveu de tous, la qualité des soins est en chute libre.

Le secteur privé? Les actes à la chaîne s'y multiplient. «En chirurgie, personne n'est responsable. On y passe de main en main... En cas de complication, ça peut être très lourd...», confie un chirurgien qui connaît les deux univers.

Des mesures sont possibles. Les réorganisations des urgences, des hôpitaux de jour, la multiplication des lits de long séjour et des consultations rapides sans rendez-vous (revalorisation des généralistes), la mise en place des dossiers informatiques évitant la multiplication d'examens identiques pour un même patient devraient redonner de l'oxygène au système. Au total, c'est d'une vraie révolution dans la gestion dont l'hôpital a besoin.

Mais, comme le souligne le professeur Bernard Debré (Avertissement aux malades aux médecins et aux élus, Ed. Le Cherche Midi), la première urgence à soigner est la misère. Car, face aux millions de Français en situation sociale alarmante, les hôpitaux sont aujourd'hui scandaleusement seuls.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-08 11:41:48
Permalien hopitaux


FRANCE par ERIC JL BRETON - hopitaux